
Le 39
e
festival international de la bande dessinée a fermé ses portes le 29 janvier
dernier. Expositions, débats et rencontres ont permis, cette année encore,
d’ouvrir au public les portes d’un univers aux facettes multiples et
changeantes, reflétant plus que jamais les enjeux du monde actuel. Avec la
consécration de Guy Delisle pour ses excellentes
Chroniques de Jérusalem (fauve d’or 2012), dans lesquelles l’auteur
nous embarque avec lui dans la ville aux trois religions où il séjourna pendant
un an, c’est une certaine vision de la BD qui fut célébrée : un art au
croisement des disciplines, tout autant témoignage journalistique qu’expérience
graphique, vecteur d’opinions et d’expériences, bien au-delà des habituelles
frontières dans lesquelles elle fut longtemps cantonnée. Un art vivant, en
somme, comme en témoigne, entre autres, l’exposition Art Spiegelman qui se
tient aujourd’hui encore dans la cité charentaise.
« A la
découverte d’Art Spiegelman » :
Le président d’honneur du festival de
2012 s’expose dans le bâtiment Castro jusqu’au 5 mars. L’occasion de
(re)découvrir un auteur indispensable, rendu célèbre par
Maus, son chef-d’œuvre évoquant le sort tragique de sa famille
juive polonaise durant la seconde guerre mondiale. Mais s’il s’est illustré
dans une forme d’art baptisée, peut-être un peu hâtivement, « roman
graphique », il est également un grand érudit de la bande dessinée, un
éditeur et un illustrateur de talent, et un témoin privilégié des révolutions
artistiques ayant eu lieu aux Etats-Unis (et particulièrement en Californie)
dans les années soixante-dix. En suivant cette exposition, c’est tout un pan de
l’histoire de la bande dessinée qui nous est révélé, entre émotion suscitée par
le témoignage historique et graphique des deux tomes de
Maus (planches originales, croquis, crayonnés, un régal pour les fans), délires psychédéliques des années San Francisco, et
innombrables illustrations journalistiques, notamment pour le
New Yorker, à partir des années 90.
Chroniqueur acerbe, artiste de grand talent, Spiegelman a contribué à forger
les liens noués aujourd’hui entre le neuvième art et les médias, la littérature
et la cinématographie.
Après
avoir séjourné à Angoulême, l’exposition se déplacera à Paris (centre Pompidou),
puis à l’étranger.
Exposition Art Spiegelman, Bâtiment
Castro, rue de Bordeaux, 10h-19h. Jusqu'au 5 mars 2012.
Je regrette de ne pas pouvoir me déplacer jusqu'à Angoulême pour voir cette exposition. Merci pour le lien!
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